ENTRE DEUX VERSIONS DE MOI : LE CORPS.

🍓 Mon rapport à la nourriture, au poids et à la douceur

Je n’ai jamais eu une relation simple avec mon corps. Ni avec la nourriture.

Quand j’étais petite, je n’étais pas « grosse ». 

Mais je n’étais pas non plus cette enfant mince qu’on laisse tranquille.

J’avais des petits bras, des mollets un peu présents.

Assez pour que mon corps soit déjà commenté, observé, comparé.

Le vrai basculement est arrivé plus tard, au moment des la séparation de mes parents.

Sans m’en rendre compte, j’ai commencé à manger autrement.

Plus.

Souvent. 

Sans faim réelle.

Aujourd’hui, je comprends que je cherchais à combler quelque chose que je ne savais pas encore nommer.

A partir de là,  mon corps est devenu un problème. Un sujet constant.

Même quand mon poids se stabilisait, même quand je n’étais « ni trop ni pas assez », je ne me sentais jamais à ma place dans mon propre corps.

Le collège, puis le lycée, ont renforcé cette fracture.

Les remarques, les regards, les moqueries parfois. Et surtout, ce regard que je portais moi-même sur moi, bien plus dur que tous les autres.

Puis il y a eu un événement traumatisant. 

Quelque chose qui a profondément bouleversé mon rapport à mon corps, à ma sécurité, à moi-même.

Mon corps est devenu un refuge, puis une armure.

Et la nourriture, une manière de tenir debout quand tout vacillait.

Pendant longtemps, j’ai cru que changer mon corps réglerait tout.


Alors un jour, en terminale, pendant le confinement, j’ai eu un déclic.

Pas un déclic doux. Un déclic brutal.

Je me suis regardée et je me suis dit que je ne pouvais plus continuer ainsi.

J’ai changé mes habitudes. Seule. Sans pression extérieure. 

J’ai appris à manger autrement, à bouger, à comprendre ce dont mon corps avait besoin.

Et j’ai perdu beaucoup de poids.

Mais ce que personne ne dit, c’est que même après ça… 

Je ne me voyais toujours pas comme « assez ».

Je me trouvais encore trop ronde.

Je pense aujourd’hui que je souffrais, et que je souffre encore parfois, de dysmorphie corporelle.

Les années ont passé.

La vie, les relations, les hormones, les changements.

Mon corps a continué d’évoluer, et mon rapport à la nourriture aussi.


Aujourd’hui, à 22 ans, je ne dirais pas que tout est réglé.

Mais je dirais que c’est plus apaisé.

Je mange avec plaisir.

Parfois trop vite. Parfois trop.

Mais beaucoup moins dans la violence qu’avant.

Si je recommence aujourd’hui à faire attention, ce n’est pas pour disparaître.

Ce n’est pas pour devenir maigre ou entrée dans des standards de beauté.

C’est pour me sentir bien. Alignée. En paix.

Ce chemin, je ne le fais plus contre mon corps. Je le fais avec lui.

Et ce blog sera aussi le témoin de cette réconciliation,  imparfaite mais sincère.

Maëva.  

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